Troubles DYS et réflexes archaïques : et si le corps avait son mot à dire ?

10 octobre 2026

Votre enfant confond le b et le d, saute des lignes en lisant, se tortille sur sa chaise au moment des devoirs ? Vous avez peut-être remarqué que ses difficultés scolaires s’accompagnent d’une posture instable ou d’une certaine maladresse.

Ce n’est pas forcément un hasard. Dans mon cabinet, je rencontre régulièrement des enfants présentant des troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie) chez qui des réflexes archaïques sont encore actifs. Et si une partie de la réponse se trouvait dans le corps ?

Les réflexes archaïques, nos premiers alliés

Dès la naissance, le bébé dispose de réflexes primitifs : des mouvements automatiques, essentiels à sa survie et à son développement. Le réflexe de Moro le fait sursauter et écarter les bras au moindre bruit. Le réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) lui fait tendre le bras du côté où il tourne la tête.

Ces réflexes ont une mission précise, puis ils doivent s’intégrer. Au cours de la première année de vie, ils s’intègrent naturellement pour laisser place à des mouvements volontaires et contrôlés.

Parfois, cette intégration reste incomplète. Le réflexe continue alors d’agir en arrière-plan, et l’enfant doit dépenser beaucoup d’énergie pour compenser.

Un cerveau qui se construit de bas en haut

Le cerveau se développe par étapes, des régions les plus primitives vers les zones les plus complexes. Les réflexes archaïques, gérés par le tronc cérébral, forment la base de cette pyramide.

L’idée est simple : chaque étage s’appuie sur le précédent. Lorsque la base reste fragile, les apprentissages plus élaborés comme lire, écrire ou compter peuvent demander à l’enfant un effort bien plus important.

Ainsi, un réflexe qui persiste au-delà de sa période normale peut gêner :

  • le suivi visuel, indispensable à la lecture
  • la coordination œil-main, essentielle à l’écriture
  • l’équilibre et la posture, qui soutiennent la concentration
  • l’organisation spatiale, précieuse en mathématiques

Dyslexie : trois réflexes à connaître

La dyslexie ne se résume pas à une difficulté à lire. Elle touche la reconnaissance des mots, le décodage des sons, la fluidité, la compréhension et le suivi visuel sur la ligne. Trois réflexes peuvent peser sur ces mécanismes.

Réflexe Ce qu’il peut perturber Ce que vous pouvez observer
RTAC (tonique asymétrique du cou) Les mouvements des yeux et le passage de la ligne médiane du corps Sauts de lignes fréquents, écriture laborieuse
Moro La gestion des stimuli visuels et la concentration Fatigue visuelle rapide, émotions vives face à la difficulté
RTL (tonique labyrinthique) La posture assise et la perception des lettres dans l’espace Enfant avachi sur sa table, inversions b/d ou p/q

La bonne nouvelle, c’est que le cerveau reste plastique. Des exercices de mouvement simples et ciblés, répétés régulièrement, visent à intégrer ces réflexes et à rendre la lecture moins coûteuse pour l’enfant.

Et pour la dyscalculie et la dyspraxie ?

La dyscalculie s’accompagne souvent de difficultés d’orientation spatiale, de compréhension des séquences et de représentation des quantités. Le réflexe spinal de Galant et le RTL peuvent ici jouer un rôle. Ils peuvent affecter le repérage droite-gauche, l’organisation de l’information dans l’espace et la compréhension de la valeur de position des chiffres.

La dyspraxie concerne le mouvement, la coordination et l’équilibre. Le RTAC influence la coordination œil-main, le réflexe de Moro peut fragiliser l’équilibre et le contrôle postural, et le RTL agit sur la perception spatiale et le contrôle moteur.

Les signes qui doivent vous alerter

Quelques indices à observer chez votre enfant pendant la lecture :

  • il penche excessivement la tête
  • il suit le texte avec son doigt
  • il se plaint de maux de tête après avoir lu
  • il évite les activités de lecture
  • il change sans cesse de position sur sa chaise

Aucun de ces signes ne suffit à lui seul, mais leur accumulation mérite qu’on s’y intéresse.

L’enjeu est aussi émotionnel. Un enfant qui lutte en permanence contre son propre corps finit par douter de lui. Confiance en soi, gestion du stress, motivation, rapport à l’école : tout peut s’en ressentir.

Envie d’aller plus loin ?

Comprendre les réflexes archaïques, c’est porter un autre regard sur les difficultés de son enfant. Il ne manque ni de volonté ni d’intelligence : son corps lui demande simplement plus d’efforts qu’aux autres.

Ce travail corporel vient en complément des suivis habituels (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie) et ne remplace pas un bilan auprès d’un professionnel de santé.

Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai préparé un guide complet sur les réflexes archaïques : à quoi ils servent, comment repérer ceux qui persistent et comment accompagner leur intégration.

Guide pour apprivoiser ses émotions - Nathalie Portron, psychopédagogie positive,

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